Démonstration de « bouillie » IA.
#balancetonclaude
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Pilleurs et casseurs en France -- « On ne veut pas voir ce qui est derrière », affirme l'anthropologue et chercheuse au #CNRS, Florence Bergeaud-Blackler. #intifada #casseurs #tabou #pillage #france #BergeaudBlackler https://t.co/vHeBKcLPPi
— De Mio (@DeMiomandre) October 20, 2026
Les manifestations françaises ? Elles peuvent s’exporter. Le modèle, c’est l’Intifada
Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue et chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris, compte parmi les principales spécialistes de l’islamisme. Elle analyse les événements qui se déroulent actuellement dans les rues de France.
Que se passe-t-il actuellement dans nos rues ?
« Les mouvements lycéens se sont étendus à plusieurs villes, dans le sillage de revendications scolaires. Mais ce que l’on observe dans la rue révèle une alliance entre islamistes et gauche radicale, autour de revendications confuses auxquelles semblent s’être ajoutées des provocations à la violence. »
Ces manifestations traduisent-elles un malaise réel dans les établissements scolaires ?
« Il existe des cas précis où les revendications sont fondées. Mais, dans l’ensemble, l’école française semble être en plutôt bon état. J’ai moi-même interrogé quelques jeunes manifestants : ils peinent à justifier leurs revendications. Le malaise est ailleurs. La France souffre d’un problème d’autorité : les enseignants ne parviennent plus à se faire respecter et une partie des jeunes, qui ne disposent pas d’une culture suffisante, n’est plus capable de mener un débat, car le désaccord est perçu comme une offense. »
Quelle est l’ampleur de la mobilisation ? Et quelle est la nature du mouvement ?
« Je ne dispose pas de chiffres fiables et je ne veux pas avancer de chiffres hasardeux. Ce qui frappe, c’est la nature du mouvement : une minorité mobilisée et organisée qui entraîne dans son sillage des adolescents peu politisés, rassemblés autour d’une cause — la cause palestinienne — qui sert de bannière commune. »
Les actes de vandalisme sont-ils fortuits ou font-ils partie intégrante des manifestations ?
« Ils ne sont pas fortuits. Lorsque les revendications sont confuses et que les provocations à la violence précèdent les mots d’ordre, la violence n’est pas un débordement incontrôlé : elle fait partie intégrante du répertoire d’action. »
Vous avez écrit que le modèle de ces manifestations était l’Intifada. Qu’entendez-vous par là ?
« L’Intifada constitue un modèle de mobilisation : des jeunes en première ligne face aux forces de l’ordre, un affrontement mis en scène et filmé, et un récit qui transforme toute réaction des autorités en acte d’oppression. Importer ce modèle dans les lycées français revient à faire de l’école et de la police les symboles d’une force d’occupation. C’est précisément ce qui rend ces images si inquiétantes. »
Ces manifestations peuvent-elles s’étendre à d’autres pays ?
« Oui. C’est déjà le cas en Belgique. Même profil sociologique, même phénomène d’islamisation et de “wokisation”. »
Peut-on parler d’infiltration ? Vous avez fait référence aux Frères musulmans.
« Le terme d’“infiltration” est trompeur, car il suggère une opération limitée dans le temps. Ce à quoi nous assistons est le fruit d’un endoctrinement de très longue date, amorcé dans les années 1990. Nous en sommes à la troisième génération de jeunes islamisés par les Frères musulmans. Il s’agit d’une idéologie fortement prosélyte, qui exerce également une influence sur les non-musulmans en imposant les règles du licite et de l’illicite, du halal et du haram. Les représentants de l’islamo-gauchisme savent mobiliser ces jeunes. Les Frères musulmans n’ont pas besoin de diriger le mouvement : il leur suffit d’en fournir le vocabulaire et la cause de référence. »
Le Parlement européen a voté une résolution demandant des mesures contre la pénétration de l’idéologie des Frères musulmans. Est-ce une bonne chose ?
« Oui, mais ce n’est que le début d’une prise de conscience. La fracture entre la droite et la gauche a été nette, et le centre a voté en grande partie avec la droite. Attention : il ne s’agit pas d’interdire les Frères musulmans, mais d’élaborer une stratégie pour contrer leur pénétration. Tout commence maintenant. Des divergences apparaissent déjà entre la droite et le centre sur les mesures à adopter, et la méconnaissance du phénomène chez les députés européens demeure considérable : pour certains, le voile n’est pas un symbole islamiste ; pour d’autres, la séparation des sexes dans les piscines relève de la tradition. Tout le débat portera sur la frontière entre l’islam et l’islamisme. La gauche, qui a voté contre, politisera la question à l’extrême et fera obstacle à l’adoption de mesures concrètes. Les élus doivent se former et, surtout, éviter de faire de cette question un terrain d’affrontement politique. »
Source : traduction de l’entretien de Florence Bergeaud-Blackler recueilli par Alberto Giannoni et publié dans Il Giornale le 11 octobre 2026 : « Le proteste francesi? Esportabili. Il modello è l’Intifada ».
"Allah Akbar", "Faut voter Mélenchon ou De Villepin" : l'influenceuse anti-France et pro-Algérie 🇩🇿 Sofia Benlemmane, cumulant depuis plus de 20 ans polémiques et condamnations, est encore sur le sol national… mobilisée pour les évènements du #17octobre https://t.co/OeHhtVHBBH
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) October 18, 2026
Pour ne pas comprendre ce qui se passe, voir ce reportage de Radio-Canada (1,38 milliard de subventions en 2026). En immersion du seul côté des « manifestants », il prend pour argent comptant leurs revendications. Le tout commence au lycée Paul-Éluard délabré, apparemment, en se gardant bien de dire que sa rénovation était déjà bien engagée au coût de… 45 millions d’euros ! Le reportage laisse aussi penser que l'État dépense plus par élève dans les quartiers bourgeois que dans les quartiers immigrés. C'est faux. Un élève en banlieue prioritaire (REP/REP+) coûte significativement plus cher à l’État (plus particulièrement par l'adjonction d'indemnités et d’enseignants supplémentaires, car les classes y sont plus petites) qu’un élève dans un quartier bourgeois non classé de Paris. La différence est de l’ordre de 15 à 30 % sur la composante salariale/enseignement selon les niveaux et les études.
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Selon une enquête Ifop réalisée pour le magazine Marianne (en ligne, du 25 au 30 septembre 2026, auprès de 9 689 adultes), 46 % des musulmans interrogés se diraient prêts à envisager un départ si Marine Le Pen accédait à l'Élysée. Dans le détail de ce sous-échantillon, 20 % affirment qu'ils partiraient « certainement » et 26 % « plutôt ».
La communauté juive partage cette inquiétude : 44 % des Juifs de France verraient dans l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir un motif potentiel d'exil. Ces proportions, remarquablement proches, traduisent les vives craintes qu'éveille la perspective d'une alternance dans un climat de fortes tensions sociales.
Au-delà des intentions de départ, l'enquête met en lumière une peur croissante des discriminations religieuses : deux Français sur trois redoutent une hausse des agressions et des discriminations visant les croyants, une proportion qui grimpe à 80 % chez les musulmans. Signe d'un climat ambivalent, 27 % des musulmans sondés se déclarent pourtant favorables à une limitation du port de signes religieux ostensibles dans l'espace public, à l'image du hijab.
L'étude révèle enfin une défiance marquée envers les institutions : 41 % des Français estiment que la désobéissance civile constitue une forme d'action légitime. Ce chiffre atteint 75 % parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, tandis que 45 % des fonctionnaires interrogés se disent prêts à refuser d'appliquer des lois qu'ils jugeraient injustes.
«En cas de victoire de Marine Le Pen, ils quitteraient le pays» : l'édito de Mathieu Bock-Côté dans #Facealinfo https://t.co/hmPg2Tn9yt
— CNEWS (@CNEWS) October 15, 2026
La mairie de Limoges s’effondre… 🥹 Classé monument historique, le bâtiment existait depuis 150 ans (1876) https://t.co/UW3Ej8UNm3
— Destination Télé (@DestinationTele) October 17, 2026
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| Place de la République à Paris, pas un drapeau français |
Van a un país sin invitación. En 5 años, ni trabajan ni aportan ni respetan y además se enorgullecen de ello. Parasitan servicios y recursos sociales Vienen con una agenda cultural basada en el culto a la violencia. La única solución es la deportación. https://t.co/MgS6vidoh8
— Philmore A. Mellows (@PhilAMellows) October 18, 2026
L'apaisement n'est pas une politique. Chamberlain l'a essayé, et l'on sait où cela mène. Le prochain président trouvera une France dans une situation cataclysmique. Il faudra aimer assez son pays pour se sacrifier, et prendre des décisions fortes. Je ne me suis pas engagé dans cette bataille par goût, mais parce que je veux sauver mon pays de ce que je vois. Que la France reste la France, c'est le combat de ma vie.
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) October 18, 2026
Ce n'est pas la misère qui unit ces émeutiers. C'est leur haine de la France. Ils vivent dans le même bain culturel et religieux, et ils répètent que la France les a colonisés et volés. Tant que la France s'excusera, ils se croiront en droit de se venger. https://t.co/woAxjbW3Be
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) October 18, 2026
Les scènes place de la République nous montrent ce que serait une France gouvernée par l’extrême gauche du Nouveau Front Populaire : Drapeaux Français aux oubliettes. Drapeaux étrangers partout. Messages haineux. Voulez-vous cela pour la France ? Nous non. https://t.co/i5XTeg5xYS
— Julien Sanchez (@jsanchez_rn) June 30, 2024
Ce n'est pas une révolte, c'est une revanche. Dans leur mentalité, ils sont toujours colonisés. Ils le disent eux-mêmes : « La France nous a colonisés, désormais nous la coloniserons. Elle nous a volés, donc c'est normal de la voler. » Ce n'est pas un hasard si c'était le 17 octobre, jour anniversaire de la manifestation interdite de 1961.
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) October 18, 2026
"La France ils nous ont colonisés, aujourd'hui c'est nous on les colonise, ouaiiiiiiiiiis !!!! On est très fiers ! One two three, viva l'Algérie"https://t.co/FK99ioQj6Q
— Le Fascisme Islamiste Dévoilé (@islamismefrance) October 18, 2026
Émission avec Hélène Calas, autrice de Conjugalité, sexualité, natalité. La triple récession du couple parental.
Chapitrage :
00:00 Introduction
01:08 Pourquoi la France ne fait-elle plus d’enfants ?
07:26 Une crise démographique historique
10:08 Natalité : jusqu’où l’État peut-il intervenir ?
13:34 La société du « sans engagement »
16:55 Applications de rencontre : le paradoxe du choix
22:16 Tinder et la frustration des hommes et des femmes
26:16 Applications de rencontre, masculinisme et guerre des sexes
31:31 Peut-on vraiment nier les différences entre hommes et femmes ?
36:07 Marchandisation de l’intime
45:34 Le consentement suffit-il ?
51:19 Dark Romance : la pornographie des femmes ?
01:05:08 Love coaches et nouvelles injonctions amoureuses
01:10:01 Pourquoi est-il devenu si difficile de se mettre en couple ?
01:16:50 Le mariage est-il devenu « un simple bout de papier » ?
01:22:16 À quoi sert encore le mariage ?
01:30:06 La peur de l’engagement et de fonder une famille
01:34:43 "Tocophobie" : pourquoi la grossesse fait-elle peur ?
01:39:16 Réseaux sociaux, corps féminin et peur de changer
01:42:17 Que se passe-t-il quand les enfants disparaissent de notre quotidien ?
01:44:57 Accepter de ne pas tout contrôler
01:48:48 Littérature, désir et reconquête de l’altérité
01:52:29 Grand Enfant : pourquoi avons-nous oublié l’enfance ?
01:54:02 Conclusion
Hélène Calas : «La première cause de la dénatalité est l’instabilité conjugale»
En 2025, le taux de fécondité en France a atteint son niveau le plus bas depuis l’après-guerre. Le résultat d’un basculement culturel, initié en mai 68, qui a sapé les fondements du couple, estime l’auteur d’une étude sur «la dénatalité française comme choc anthropologique».
Entre 1965 et 1975, l’indice conjoncturel de fécondité en France passe de 2,85 à 1,93 enfant par femme. Un enfant disparu en dix ans, pour chaque femme. Ces chiffres paraissent presque confortables au regard de la situation actuelle : en 2025, l’Insee estime le taux de fécondité à 1,56 enfant par femme, niveau le plus bas depuis l’après-guerre. Pour expliquer ce recul, on invoque toujours les mêmes causes : prix du logement, insuffisance des modes de garde, écoanxiété. Mais l’on aborde rarement par la question la plus centrale : pourquoi semble-t-il de plus en plus difficile de former et maintenir un couple, et créer une famille ? Un mouvement historique, célébré comme une grande libération des mœurs, a précisément attaqué ce point névralgique. Ce mouvement s’appelle Mai 68.
Il est d’abord utile de rappeler une évidence que la mythologie commémorative a soigneusement gommée : l’émancipation juridique des femmes ne naît pas sur les barricades du Quartier Latin. Le 13 juillet 1965, la loi accorde à la femme mariée la pleine capacité juridique : elle peut ouvrir un compte bancaire, exercer une profession, contracter sans l’autorisation maritale. Deux ans plus tard, en 1967, la contraception est légalisée, sur proposition du député gaulliste Lucien Neuwirth, compagnon de la Libération, abrogeant la loi de 1920 qui interdisait jusqu’à l’information sur les moyens anticonceptionnels. Autrement dit, lorsque les pavés commencent à voler, les grandes réformes sont déjà votées.
Mai 68 n’a donc pas libéré les femmes, mais mis la dernière touche à un tableau déjà peint par la Vᵉ République. Et surtout, il a traduit en combat politique ce qui flottait dans l’air du temps : la famille devint une prison, le mariage une convention bourgeoise, la fidélité un archaïsme. Il fallait briser les cadres. On allait voir ce qu’on allait voir. Le démographe Louis Roussel fut l’un des rares à nommer ce que d’autres se contentaient de mesurer. Dans La famille incertaine (1989), il écrit : «d’assurée, la famille est devenue incertaine». Pendant des siècles, elle avait été structurante. Elle avait constitué une institution. Elle organisait les rôles, stabilisait les alliances, garantissait la transmission. Elle fixait des rôles, des obligations, des attentes. Elle encadrait le désir, le disciplinait autant que possible, l’inscrivait dans une durée. Une première brèche avait été ouverte au XIXᵉ siècle avec le triomphe du mariage d’amour bourgeois, qui substituait la passion à l’alliance. Mai 68 poussait le mouvement, en délégitimant les dernières contraintes institutionnelles qui tempéraient encore le désir. Son véritable héritage est donc là : faire du désir l’unique fondement du lien conjugal.
Or le désir ne se légifère pas, ne se promet pas, ne se contracte pas. Il est volatil, fragile. S’il devient l’unique fondement de la relation, toute contrainte apparaît illégitime. Pourquoi rester ensemble si l’on ne s’aime plus ? Pourquoi promettre ce que l’on ignore pouvoir tenir ? Peu à peu alors que le désir devint souverain, l’idée même d’engagement durable prit des airs de superstition, de « pari fou ». On déplaçait toute la charge de la relation vers l’intériorité des individus. Autrefois, l’institution matrimoniale fixait des rôles, des obligations, des attentes. Elle encadrait le désir, le disciplinait un peu, l’inscrivait dans la durée, proposait, in fine, un chemin qu’avait emprunté les millions de couples de l’histoire humaine. Après Mai 68, le couple dut se fabriquer lui-même, sans structure préalable, avec pour unique ciment la passion. Un matériau magnifique pour écrire des romans, beaucoup moins pour bâtir une maison.
Gilles Lipovetsky a décrit ce moment dans L’Ère du vide (1983), parlant de «première révolution indifférente». Après la révolte collective vint celle de l’individu narcissique. La grande transformation culturelle n’était pas tant la libération des mœurs que l’installation d’un individu qui enfin, se regarde vivre. Mais Narcisse ne fonde pas une lignée. Il passe son temps à se contempler. « Sous les pavés, le libertinage » : le slogan n’a jamais existé tel quel, mais il résume mieux que n’importe quel tract ce que Mai 68 a réellement accompli sur le plan conjugal. Non pas la libération d’un désir opprimé, mais la destruction des cadres qui permettaient au désir de s’inscrire dans la durée. On a pris l’institution pour une cage, oubliant qu’elle était aussi une armature.
Comment donner encore plus de pouvoir au désir « libéré » ? Un nouveau basculement intervenait en 1975. En janvier, la loi Veil légalisait l’interruption volontaire de grossesse. En juillet, le divorce par consentement mutuel était instauré. Jusqu’alors, depuis la loi Naquet de 1884, le mariage ne pouvait être rompu que par la faute ou par la mort. Désormais, il devient révocable par simple accord des époux. Les chiffres suivent. Entre 1950 et 1970, la France comptait environ 33 000 divorces par an. En 1986, ils dépassent 108 000. Les mariages reculent. Et surtout, l’âge moyen de la mère au premier enfant, qui diminuait depuis 1950, repart à la hausse : 24,1 ans en 1975, 28,9 aujourd’hui.
Le recul de l’âge au premier enfant est probablement l’un des phénomènes démographiques les plus sous-estimés du débat public. Les travaux d’Éva Beaujouan à l’INED (Institut national d’études démographiques) montrent que les ruptures conjugales réduisent mécaniquement la fécondité individuelle. Les unions hors mariage sont statistiquement plus instables que les unions mariées. L’effet cumulé est simple, moins de stabilité, moins d’enfants. Ce n’est pas tant la contraception qui fait des berceaux vides, que l’instabilité conjugale, et l’inédit historique de l’individu qui n’arrive plus à se lier durablement. Les Français continuent de souhaiter des enfants, environ deux par couple dans les enquêtes d’opinion, mais ils repoussent le moment de les avoir. Il faut d’abord finir ses études, trouver un travail stable, voyager, et sacrifier à la sacro-sainte « réalisation de soi-même ». Pendant ce temps, l’horloge biologique ne se met pas en pause.
Les enfants viendront donc après notre jouissance sans entrave. Mais là est l’ironie la plus mordante : de nombreuses études analysent désormais la mort du désir, et une véritable récession sexuelle ! L’Ifop dans son enquête « Sex recession » de 2024, soulignait que la proportion de Français ayant eu un rapport sexuel au cours de l’année était tombée à 76 %, soit 15 points de moins qu’en 2006, le niveau le plus bas observé depuis un demi-siècle. Chez les 18-24 ans initiés sexuellement, près de 28 % n’avaient eu aucun rapport sexuel en un an, contre 5 % seulement en 2006. Et la fréquence hebdomadaire des rapports recule elle aussi. La liberté sexuelle proclamée a débouché sur une étrange austérité intime. Le sexe est partout dans les discours, les images, les écrans ; il est absent des chambres. On a fini par fragiliser le terrain même où le désir pouvait s’épanouir. Comme l’écrit Vincent Cocquebert dans son ouvrage récemment paru La Guerre de Sexcession, « l’héritage de la révolution sexuelle des années 1970 semble avoir été liquidé au profit d’un imaginaire rétro-puritain ».
Il ne s’agit évidemment pas de regretter le mariage forcé. On peut au moins reconnaître une vérité simple : une société prônant la satisfaction permanente du désir ne peut se développer, et se maintenir dans le temps. En libérant le désir, en lui donnant tout pouvoir et toutes les responsabilités, Mai 68 a rendu la chair bien triste. Le mouvement qui prétendait libérer l’individu l’a livré à la plus exigeante des tyrannies : celle de ses propres affects, sans filet institutionnel, sans durée garantie. C’est peut-être là sa plus subtile servitude. L’institution soutenait les couples ; aujourd’hui le couple doit se soutenir, dans un environnement hostile. Soixante ans plus tard, les slogans ont mal vieilli.
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| Charles de Gaulle et son épouse, Yvonne, sur une plage irlandaise, en 1969. |
Le mardi 6 octobre 2026 restera peut-être dans l’histoire comme l’une des journées les plus marquantes des mathématiques. Ce jour-là, OpenAI, une entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle, a annoncé que ses agents d’IA, propulsés par un modèle qui n’a pas encore été rendu public, avaient résolu au moins 372 problèmes mathématiques anciens en l’espace de quelques semaines.
Ces résultats, détaillés dans plus de 700 articles de recherche rédigés par l'IA, donnent une idée de l'échelle : rien de tel n'avait jamais été produit, ni à cette vitesse. De quoi déranger plus d'un. Beaucoup de chercheurs se réjouissent à l'idée de vérités mathématiques nouvelles, mais ils s'inquiètent aussi pour leur discipline. Si l'on n'y prend pas garde, préviennent-ils, ces mathématiques produites en série vont multiplier les solutions sans faire progresser la compréhension.
Les progrès de l’IA en mathématiques ont été rapides. Le mois dernier, OpenAI affirmait déjà que ce même modèle interne avait résolu le problème de Navier-Stokes, l’un des célèbres problèmes problèmes du Prix du millénaire, en seulement 88 heures. Des centaines d’autres problèmes majeurs auraient désormais été résolus. Ils couvrent l’ensemble du champ mathématique, de l’algèbre et de la géométrie aux probabilités et à la logique, et comprennent de nombreux problèmes qui résistaient aux spécialistes depuis des décennies. En moyenne, les ressources de calcul nécessaires à ces mathématiciens autonomes pour parvenir à une solution correspondaient à environ trois heures de raisonnement avec les modèles qu’OpenAI met à la disposition du public.
Les autres problèmes du Prix du millénaire restent irrésolus, mais des avancées semblent avoir été réalisées sur un ou deux d’entre eux. La plus notable concerne l’hypothèse de Riemann, qui porte sur la répartition des nombres premiers. Parmi cette avalanche de travaux figure également une démonstration dont les auteurs affirment qu’elle résout une conjecture particulièrement difficile : la conjecture de Kakeya maximale en dimension trois. En juillet, Hong Wang, mathématicienne à l’Institut Courant de l’université de New York, a reçu la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel en mathématiques, pour ses travaux sur un problème étroitement lié.
Il faudra probablement des années aux mathématiciens pour déterminer précisément quelles avancées ont été réalisées et par quels moyens. Nombre des articles dépassent les 100 pages. Seuls 127 des problèmes résolus sont accompagnés d’un code permettant de vérifier la cohérence logique des démonstrations, une pratique courante dans la discipline. Le raisonnement interne des agents n’a, quant à lui, été rendu public que pour dix de ces problèmes. Les 372 problèmes résolus ne constituent par ailleurs qu’un sous-ensemble des 4 000 problèmes soumis aux agents d’OpenAI. L’entreprise n’a pas publié les données permettant de savoir lesquels ont dépassé les capacités de ses systèmes. Une telle transparence permettrait de mieux évaluer les capacités de cette technologie, mais aussi ses limites.
Certains chercheurs craignent qu’une telle approche ne favorise pas les progrès mathématiques à long terme. Peu après l’annonce, le mois dernier, de la résolution du problème de Navier-Stokes par OpenAI, 28 médaillés Fields ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils avertissaient que l’approche des laboratoires d’IA était en contradiction avec les objectifs de la discipline. En utilisant des problèmes mathématiques non résolus comme critères d’évaluation des capacités de leurs nouveaux modèles, expliquaient-ils, les concepteurs de ces systèmes risquent de clore prématurément certaines voies de recherche sans faire émerger de nouvelles techniques, de nouvelles questions ni, en définitive, une compréhension plus profonde. Depuis, plus de 8 000 de leurs collègues ont également signé cette lettre.
OpenAI affirme avoir pris ces avertissements en considération. Pour déterminer comment rendre publiques ses nouvelles découvertes, l’entreprise dit s’être appuyée sur les recommandations d’un groupe consultatif indépendant composé de neuf mathématiciens réputés, constitué à la suite de l’annonce concernant Navier-Stokes. Outre la publication de certains éléments du raisonnement interne de ses modèles, OpenAI a promis de financer une série de conférences destinées à favoriser la compréhension et l’évaluation des résultats.
En définitive, l’ampleur de cette publication signifie que son véritable impact ne pourra être apprécié qu’avec le recul. « L’importance réelle d’un problème se mesure finalement aux nouvelles pistes de recherche qu’il ouvre et à ce que sa démonstration permet de comprendre d’autres problèmes », explique Martin Hairer, de l’EPFL, une université suisse. Membre du groupe consultatif d’OpenAI, il a également signé la lettre des médaillés Fields. Pour l’heure, les questions que l’IA pose aux mathématiques sont davantage existentielles que numériques.
Source : The Economist
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